Napoleon Washington

Washington commence sa carrière musicale vers huit ans sous les feux du plafonnier de sa chambre, sur une guitare en carton.

 

Jugeant l’expérience concluante, il publie «Mud & Grace» une bonne trentaine d’années plus tard.

 

Entre les deux, il fait ses classes auprès d’un combo new-yorkais et fonde quelques groupes dont le Crawlin’ Kingsnake Blues Band, avec lequel il enregistre un premier album et fait deux tournées aux Etats-Unis, tout en accompagnant en Europe Rock Bottom, un harmoniciste de Tampa (Floride).

 

Encouragé par ce dernier, il publie ses deux premiers albums sous le nom de Napoleon Washington, «Hotel Bravo» (2003) et «Homegrown» (2006).

Napoléon Washington propose un Blues du Delta du Mississippi, reposant principalement sur l’emploi d’une guitare acoustique en métal dite “à résonateur” (Fine Resophonic, dans le style des marques National ou Dobro).

 

« Aux origines, le Delta Blues était principalement joué dans les juke-joints, les boui-bouis dans lesquels on dansait jusqu’aux petites heures sur une musique privilégiant le rythme et l’émotion avant tout, nourrie des mille petites histoires d’un quotidien et d’un contexte plus ou moins radieux.
 
Le Blues de Washington doit beaucoup à la musique de Son House, Blind Willie Johnson, Charley Patton ou John Jackson pour n’en citer que quelques-uns, mais se nourrit aussi d’artistes comme John Mooney, Keb’ Mo’ ou Doug McLeod, et plus généralement auprès de tous ceux à qui l’on doit d’avoir fait du Blues une musique réellement contemporaine.
 
L’intention étant, simplement, de communiquer une musique vibrante, sincère et directe qui, puisqu’elle ressemble avant tout à la vie, s’adresse à chacun avec les mots du quotidien (et souvent avec humour). Dans laquelle on chercherait en vain une quelconque volonté passéiste ou didactique: il ne s’agit que de faire plaisir, de se faire plaisir. »
 

Le style est le symptôme de l’amour que l’on a consacré au travail.

 

Christophe Gallaz

Napoleon Washington ne chante ni les crossroads, ni les champs de coton, et encore moins le temps du fouet :

 

« Respecter la tradition consiste précisément à ne pas chanter ce que l’on ne vit pas.

 

En revanche, les amours heureuses et malheureuses, les blessures et les caresses récoltées au fil des chemins parcourus sont la matière première de chroniques dont l’actualité, fort heureusement, paraît avoir survécu aux années 30. »

 

Porter le flambeau du Blues, et le plonger joyeusement dans tout le pétrole de la Louisiane.

Le nom de Napoléon Washington fait naturellement référence à l’épisode franco-américain de l’histoire de la Louisiane, laquelle avait été vendue pour 80 millions de dollars par Bonaparte aux Etats-Unis en 1803.

 

« La Louisiane est certes le berceau du Blues, mais il faut y voir également la notion de déracinement (africaine par l’esclavage, française par la déportation des Acadiens) et dès lors, la nostalgie d’une culture-mère lointaine se retrouve parfaitement dans le paradoxe que signifie “faire du Blues en Europe”.
 
Plus encore, il s’agit de rendre hommage à ceux qui, parmi les esclaves libérés à la fin de la guerre de sécession, constatèrent que l’une des marques de la liberté était d’avoir “deux noms”, et se choisirent de grandiloquents patronymes (King, Lincoln, Moses, Washington, Freeman, etc.). »